Entrevista

Nicolas Mercier, à la croisée de l’excellence opérationnelle et du leadership hôtelier contemporain

Nicolas Mercier évolue dans l'hôtellerie de luxe internationale avec une approche forgée par deux décennies de terrain, des kopitiam de Singapour aux grandes tables lyonnaises, en passant par les sommets du Food & Beverage asiatique.


Aujourd'hui General Manager de l'InterContinental Lyon - Hotel Dieu, cinq fois consacré Meilleur Hôtel de France, il incarne un leadership ancré dans l'exigence, l'agilité culturelle et le goût du dépassement, tout en plaçant l'humain au cœur de chaque décision.

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Dans cet entretien, il revient sur les étapes fondatrices de son parcours. Il partage également sa lecture des transformations du luxe à l'ère du digital et dévoile sa vision d'une hospitalité d'exception : personnalisée, émotionnelle et portée par des équipes qui créent bien plus que des séjours, des souvenirs.

Bonjour Nicolas ! Pour débuter, pourriez-vous revenir sur votre parcours et les grandes étapes qui vous ont construit ?


Tout commence à l’Institut Vatel à Nîmes — une étape fondatrice, presque un déclic. J’y découvre un métier-passion, exigeant, où la rigueur et le dépassement de soi deviennent très vite des réflexes. C’est aussi là que je rencontre ma femme. Ensemble, nous faisons le choix de l’international et rejoignons Swissôtel en Suisse, d’abord au Parc des Eaux-Vives, puis au Métropole. Très vite, le Swissôtel Challenge Programme m’ouvre les portes du monde : Singapour, Istanbul, Osaka… autant d’expériences qui façonnent ma vision du métier.

Singapour devient ensuite un véritable terrain d’expression. Pendant près de dix ans, j’explore toutes les facettes du Food & Beverage : du kopitiam local à la gastronomie étoilée, des brasseries aux restaurants japonais, des sports bars aux établissements classés parmi les Top 50 Best Bars Asia, jusqu’aux univers plus festifs des clubs et lounges.

Puis vient une nouvelle étape avec  l’ouverture du Sofitel Sydney, suivie de premières fonctions de direction au Vietnam et en Indonésie pour InterContinental, jusqu’à accéder au poste de General Manager.

Vingt ans à traverser les continents, les cultures, les établissements… Le secteur du luxe hôtelier a profondément évolué durant cette période. Quelles transformations vous ont le plus interpellé et qu'ont-elles changé dans votre façon d'exercer ce métier ?

Le temps s’est accéléré. Les réseaux sociaux et le digital ont redéfini les codes du luxe : il est aujourd’hui plus visible, plus accessible, mais aussi infiniment plus personnalisé. Pour autant, l’essence de notre métier reste intacte. Au-delà des tendances, nous sommes avant tout des créateurs d’émotions, des artisans du souvenir. Et cela reste un langage universel.

Des rooftops de Singapour aux tables lyonnaises … en quoi ces années au cœur du Food & Beverage vous ont-elles façonné en tant que leader ?

Le Food & Beverage est une école d’exigence et d’agilité. J’y ai appris à lire les cultures, à comprendre les attentes, à créer du lien. Certains marchés vous enseignent aussi la vitesse : tout peut émerger très vite… et disparaître tout aussi rapidement. Cela impose une capacité d’adaptation permanente.
De cette expérience, je retiens un état d’esprit : oser. Tester. Sortir de sa zone de confort. Échouer parfois, mais toujours recommencer. Sky is the limit.

Vous prenez la suite de Madelijn Vervoord qui a ouvert l'InterContinental Lyon - Hotel Dieu en 2019 et lui a donné son âme. C'est un héritage à la fois beau et exigeant. Comment l'abordez-vous ?

Avec humilité, avant tout. Reprendre un établissement qui a été si bien pensé et porté est à la fois un honneur et une responsabilité. Mon rôle n’est pas de transformer, mais de prolonger. De préserver l’âme du lieu tout en l’inscrivant dans une dynamique d’avenir. Notre cap est clair : faire de l’InterContinental Lyon une icône lyonnaise inspirante, façonnée par l’excellence.

L'InterContinental Lyon - Hotel Dieu accueille une clientèle internationale d'exception, pour qui discrétion et excellence ne sont pas des options. Comment fait-on pour répondre à cette exigence, jour après jour, sans jamais faillir ?

L’excellence repose d’abord sur une discipline : des standards précis, appliqués avec constance. Mais elle se joue surtout dans le détail. Dans l’attention portée à chaque client, dans la capacité à anticiper ses attentes, parfois même avant qu’il ne les exprime. C’est là que naît la différence : dans cette personnalisation sincère, presque intuitive.

Cinq années consécutives « Meilleur Hôtel de France », c'est une reconnaissance rare. Selon vous, qu'est-ce qui distingue vraiment un établissement durablement référent d'un établissement simplement excellent ?

C’est une alchimie. Il y a le lieu — son architecture, son histoire, sa beauté. Et puis il y a celles et ceux qui lui donnent vie au quotidien. Un grand hôtel, c’est la rencontre subtile entre ces deux dimensions. Comme en cuisine, tout est question d’équilibre et d’harmonie.

Former, révéler, fidéliser… les talents sont l'âme d'une maison. Quel message aimeriez-vous adresser à celles et ceux qui rêvent aujourd'hui de faire leur chemin dans l'hôtellerie de luxe ?

C’est un métier d’engagement, mais surtout un métier de passion. Il demande du temps, de l’énergie, de la persévérance. Mais il offre en retour une richesse humaine et une intensité rares. Croyez en vos rêves. Osez. Et surtout, prenez du plaisir. Nous ne faisons pas que servir : nous créons des moments.

Portrait chinois :

  • Si vous étiez une cuisine du monde : francaise et subitilité
  • Si vous étiez un moment de la journée : Le matin. J'aime me réveiller quand le monde est encore silencieux .
  • Si vous étiez une destination : Lyon of course ! Capital de la gastronomie.
  • Si vous étiez un livre : Success Principles Jack Canfield.
  • Si vous étiez une citation : "Je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j'apprends !" Nelson Mandela

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